Tribune libre. L’EVARS, le prétexte des connaissances scientifiques et les conflits d’intérêt.

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Le programme officiel pour l’EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) a été publié le 8 février 2025 et devrait être obligatoire dans le public et le privé sous contrat dès septembre. Beaucoup a déjà été dit sur les penchants idéologiques de ce programme, mais nous désirons ici pointer quelques supercheries dans cette affaire.
Tout d’abord, il y a le fait de mentionner des connaissances scientifiques ainsi que le site officiel du Ministère le fait dans un document (datant de 2023) sur l’Éducation à la sexualité : il y est dit que celle-ci « est étayée par des connaissances scientifiques, fondées sur un savoir qui se construit à partir d’explications justifiées auquel on ne peut opposer des croyances religieuses ».
En fait, à part les connaissances biologiques classiques (différence sexuelle, reproduction, etc. relevant du programme biologie en lycée et non de l’EVARS), on remarque surtout des positions promues par l’OMS. Le programme mentionne ainsi les « choix responsables » que sont « les moyens de contraception, l’IVG » (en 4°), il oppose l’identité sexuelle et l’identité de genre (notion absconse introduite dans le droit français par les socialistes en 2016). De plus, on relève les termes de stéréotypes de genre (dès le CE1), homophobie, transphobie, familles hétéroparentales (dès le CP), etc., notions qui ne relèvent aucunement de sciences, mais sont issues de « gender studies » imposées au monde éducatif par la sociologie universitaire.
Loin des « explications justifiées », ce programme est fondé sur des a priori idéologiques : la lutte contre les discriminations remplaçant la morale ; la nécessité du plaisir qui contribue au bien-être ; la focalisation sur un supposé consentement exprimé par l’enfant (alors la notion de consentement n’est pas compréhensible par les jeunes enfants).
Autre supercherie, le fait de parler de prévention de la pornographie. En effet, l’EVARS favorise une sexualisation précoce des enfants et ne leur délivre que des discours ambigus sur le visionnage de scènes pornographiques, discours évacuant la notion de mal et ne faisant qu’éveiller une certaine curiosité. D’ailleurs, nos gouvernants pratiquent le double langage sur ce sujet : ils disent vouloir empêcher l’accès des plateformes concernées aux mineurs, mais n’osent pas imposer des mesures coercitives (les outils prévus par la loi de mai 2024 destinés à empêcher cet accès – avec la publication d’un référentiel déterminant les exigences techniques de vérification d’âge – ne sont toujours pas opérationnels et ils s’apparentent à une usine à gaz).
L’insistance sur la prévention – concernant ce sujet ou celui des relations sexuelles précoces – est en fait un prétexte pour justifier l’introduction dans les établissements scolaires d’associations militantes, telles que Sidaction ou le Planning Familial qui ont poussé à la publication de ce programme. N’y a-t-il pas une escroquerie derrière cela ? Car ces associations ont bien l’arrière-pensée de signer des partenariats financiers pérennes avec le Ministère sur ce sujet de l’EVARS. Dans la commission qui a rédigé ce programme, les conflits d’intérêt sont évidents !
Enfin, ce programme est un outil supplémentaire pour déstabiliser les établissements sous contrat d’association ; cela est d’ailleurs assumé dans le document de 2023, cité plus haut. Les enseignants seraient contraints de suivre des recommandations contraires aux principes éthiques qui relèvent du « caractère propre » de leur établissement. Mais n’était-ce pas le but qu’avait Pap Ndiaye en lançant ce chantier ?
S’il devait exister une éducation affective et sexuelle à l’école ou au collège, elle devrait être supervisée par les parents d’élèves, ce qui assurerait une indépendance vis-à-vis de l’idéologie dominante.

Rémi Sentis

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