L’École et la transmission à l’heure du tout-numérique 

Ce sera le thème de réflexion du colloque organisé par notre association le samedi 25 mars 2023 (9h 30 à 16h).

Lieu : Collège des Bernardins

Ce sujet est très prégnant depuis l’irruption du numérique dans tous les domaines touchant l’École. Les outils numériques ont envahi les collèges et lycées, car « on ne peut plus enseigner comme avant » nous dit-on avec aplomb. Mais de nombreux professionnels remarquent que l’utilisation massive de ces outils ne favorisent pas l’éveil des enfants (même si peuvent être utiles dans certains situations). L’ambition affichée est multiple « enseigner avec le numérique, apprendre avec le numérique », mais aussi d’initier au « codage » tous les élèves dès la 5°. Selon de nombreux professionnels, l’utilisation massive de ces outils – potentiellement utiles dans certains cas – peuvent avoir des effets néfastes sur le psychisme.

Cette avalanche du numérique favorisera-t-elle l’apprentissage de la véritable informatique ? Cet engouement n’entretient-il pas la confusion entre information et transmission, savoir et compétences ? N’existe-t-il pas de collusion entre l’ingénierie éducative et les intérêts industriels ?
Quelles sont les conséquences du fait d’être soumis en permanence à un flux intempestifs d’informations ? La question de la transmission est aussi impactée par le numérique. La transmission se faisant toujours via un médiateur – parent, professeur, maître à penser, etc. -, comment l’intermédiation du numérique va-t-elle impacter le processus de transmission ?

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Infini de Dieu, finitude de l’homme et la question du mal. Jacques Arsac.

Dans ce texte écrit en 2010, quatre ans avant sa mort, Arsac déjà souffrant de sa maladie, se livre en réfléchissant sur la finitude de l’homme et son corollaire le mystère du mal. La négation de cette finitude – synonyme du peché originel – est symptomatique de notre société qui se croit toute-puissante, mais qui est engluée dans son hubris.

Notre esprit fini ne peut pas tout savoir, ses capacités sont limitées. Comme scientifique, je suis très sensible à l’idée d’infini. Que Dieu soit infini, cela me paraît évident. S’Il n’était pas infini, il pourrait y avoir un plus grand que Dieu. C’est le point de départ de l’argument de Saint Anselme (un dieu fini serait à ranger au rang des idoles). Nous sommes des créatures, venues un jour à l’existence, en tant qu’espèce d’abord, en tant qu’individu pour chacun d’entre nous. Nos capacités sont finies (même si elles ne sont peut-être pas bornées). Si nous acceptons cette idée de l’infini de Dieu et de la finitude de l’homme, alors il me semble que tout se met en place. […]
La finitude de l’homme tient à son statut de créature. Elle peut être perçue comme un mal, l’homme peut être écrasé par cette finitude.

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La personnalité juridique des robots et la question des accidents leur étant attribués

Le résultat de sortie de certains logiciels embarqués est souvent considéré comme une « décision », en particulier le cas des véhicules autonomes ou des robots pour lesquels les résultats du logiciel conduisent quasi-directement, à la mise en oeuvre des actionneurs.
Mais qui est responsable lorsqu’un outil intelligent ou un robot « prend une décision » inadéquate qui est à l’origine d’un accident ?

La question s’avère délicate surtout quand les dédommagements financiers sont importants. Avant de poursuivre, rappelons que les logiciels d’apprentissage profond ont tendance à devenir de véritables boîtes noires, car ils réutilisent des programmes écrits, améliorés et validés par des équipes de concepteurs et programmeurs auxquelles succèdent d’autres programmeurs qui utilisent des packages intermédiaires puis d’autres qui intègrent ces derniers dans l’outil final.

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Le serment d’Hippocrate à l’heure du digital

Nous organisons une conférence le mercredi 30 mars 2022 à l’Espace Bernanos sur le thème

Le serment d’Hippocrate à l’ère du digital

Problèmes éthiques liés à l’Intelligence Artificielle et le digital pour la médecine

par
Jérôme Bourreau, Fondateur et président de l’entreprise Anamnèse,
lieu : 4 rue du Havre, Paris 9° (métro Saint-Lazare, Auber)
Entrée libre     

Le retour des ‘preuves’ de l’existence de Dieu

Le livre ‘Dieu la science, les preuves‘ de M.-Y. Bolloré et O. Bonnassies a suscité de très nombreux commentaires. Certains de ceux-ci, dans le milieu catholique, ont butté sur le terme de ’preuve’, utilisé comme accroche dans le titre.
Or ce terme est polysémique et possède d’ailleurs toute une histoire. Dès le XIII° siècle, saint Thomas utilisait le mot ‘demonstrare’ pour l’appliquer à l’existence de Dieu, ce concept était lié à celui de preuve en tant que ’voie d’accés’ (on garde en mémoire les cinq voies de saint Thomas). Ce concept est aussi repris dans la déclaration du concile Vatican I disant que « Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées ». Soulignons brièvement que l’expression ‘peut être connu’ renvoie à une capacité de la raison, imparfaite et noble à la fois ; elle ne donne pas d’indications sur la façon dont on peut accéder à cette connaissance (l’Eglise se maintient ainsi à distance de deux points de vue : d’une part, la raison ne pourrait rien conclure sur Dieu et d’autre part, l’existence d’un premier principe serait évidente).
Dans le livre de Bolloré et Bonnassies, les différents sens du mot ‘preuve’ sont analysés au chapitre 2 (dédié à cet effet). Les auteurs rappellent que les preuves envisagées ici ne sont pas de type absolu et sont bien sûr sans rapport avec celles faites en sciences physiques (pas question d’une théorie devant être confirmée ou infirmée par des mesures expérimentales). Ici, la force de la preuve est seulement liée à « la qualité et au nombre des correspondances entre les implications de la théorie et le réel observable ». On pourrait parler de faisceau d’indices au sens de la recherche de la vérité par un magistrat dans une affaire criminelle.
Le livre propose donc quatre voies d’accès. Certes elles ne convaincront peut-être pas toutes le lecteur et, personnellement, si les considérations sur le réglage fin des constantes fondamentales de la physique ne m’ont pas convaincu, les trois autres voies m’ont beaucoup intéressé.
Les chapitres concernant la théorie du Big-Bang sont palpitants : avant une partie historique passionnante sur les adversaires du Big Bang, on rappelle les fondements de cette théorie. L’univers est dans un état de plus en plus dense et chaud à mesure que l’on remonte le temps ; et cela jusqu’au moment où les lois actuelles de la physique ne sont plus valables ; le temps (une des composantes de la trame quadridimensionnelle qu’est notre espace-temps) n’est plus défini à une certaine étape du passé. En deçà de 13,7 milliards d’années, « le temps tel que nous le connaissons n’existait pas encore ».
De même, la question du brusque passage de la matière inanimée à la matière vivante est un sujet de profondes interrogations. Comment s’est effectué ce passage il y a 3,8 milliards d’années, 500 millions d’années après l’apparition de la Terre ? Comme il est indiqué, « la cellule ne peut vivre sans ADN qui lui-même ne peut vivre indépendamment d’une cellule » ; dans toutes les cellules, les ribosomes (dont le constituant principal est l’ARN) sont les éléments producteurs de protéines et ces dernières sont indispensables « pour construire un ribosome ». On notera la citation du microbiologiste F. Harold « l’origine de la vie semble toujours aussi incompréhensible, une question pour l’émerveillement ! ».
Bien sûr, la première partie du livre ne concerne que dieu en tant que premier principe ou grand horloger, pour parler comme les Lumières. C’est pourquoi, il est très opportun de trouver une seconde partie dans laquelle on revient vers le Dieu de la Révélation, par exemple à travers la contemplation de la façon dont la venue du Fils avait été prophétisée.
La lecture de ce livre permet donc d’aborder d’utiles questions sur l’origine du cosmos et de la vie. L’exercice de la raison est y mobilisé pour regarder vers de hautes réalités : « la foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité » comme nous le rappelait saint Jean-Paul II dans sa magistrale encyclique de 1998.

Rémi Sentis, directeur de recherche émérite

Sciences et incertitudes. Doit-on toujours avoir confiance dans les sciences ?

article de Rémi Sentis ( pour une version complète avec les notes de bas de pages et plus de détails pour le §1, téléchargez le fichier pdf ici )

Jusqu’à une époque récente, il était admis par la très grande majorité des Occidentaux que « la Science » était impartiale et on faisait confiance sans barguiner aux affirmations des scientifiques. Cette confiance, depuis quelques décennies, est discutée. D’une part, il est de notoriété publique que des scientifiques – en mal de publications ou pour asseoir leur notoriété – ont fait publier des articles qui étaient en fait des falsifications ; de nombreuses fausses publications ont ainsi été acceptées par des journaux scientifiques internationaux prestigieux. D’autre part, la confiance du grand public est ébranlée par l’avancée rapide de la recherche scientifique et une médiatisation approximative et hative des controverses scientifiques (lesquelles par parenthèse ont toujours existé depuis le XVII° siècle).
En réaction à cet état de fait, des vulgarisateurs et des analystes se raidissent et nient que dans le domaine scientifique, des doutes ou de grandes incertitudes puissent être justifiés. On voit fleurir des positions très tranchées sur des questions délicates, en particulier sur celles relatives à la vie humaine ; avec le retour d’un discours scientiste selon lequel la Science peut donner – ou pourra donner – une réponse à tout.
Ainsi, des philosophes médiatiques utilisent tous les prétextes pour répéter que la confiance dans la « Science » doit être totale et qu’il vaut mieux croire en celle-ci plutôt qu’en Dieu. Par exemple, Raphaël Enthoven en avril 2020 « A la différence de la Science, la religion, par définition, ne fait aucun progrès, sous peine de s’inscrire dans le temps. […C’est pourquoi] une religion, quand elle est confrontée à la réalité d’une catastrophe, dégénère en superstition. […] Nous avons besoin d’hommes de foi, qui ne sont pas (ou rarement) les serviteurs de Dieu mais les héros qui mettent les mains dans le virus pour lui tordre le cou ». Cette position caricaturale – oblitérant l’action des chrétiens qui au nom de leur foi en Dieu ont soigné les malades de tout temps – est symptomatique du réflexe scientiste qui entend faire la balance entre la Science (ou les sciences) et la religion, comme si elles étaient comparables !
De même, l’argument de la confiance en la Science est utilisé comme justification de certains projets législatifs : ainsi l’expérimentation d’embryons in vitro jusqu’au 14° jour, est justifiée par le fait que ces manipulations favoriseraient le « Progrès de la Science » et par conséquence permettraient une amélioration de la santé (cf. le discours du Ministre de la Santé devant les députés le 22/07/2020).
Il convient de reprendre la question à nouveaux frais : A quelle condition peut faire confiance aux discours scientifiques ? Et d’ailleurs qu’entend-on par discours scientifique ?

Un point de vocabulaire : le terme ‘science

Notons tout d’abord qu’il faut faire une distinction entre les sciences et les arts. Ainsi il est clair que la médecine n’est pas une science : c’est un art qui utilise les techniques et certaines connaissances fondées sur les sciences. Cela n’est aucunement péjoratif : comme la plupart des arts, son exercice nécessite d’avoir assimilé des connaissances scientifiques – dans plusieurs disciplines d’ailleurs.
Classiquement, pour qu’on puisse parler de sciences, il faut qu’il soit possible de faire des expérimentations reproductibles ou bien de rééditer des observations mesurables ; et de plus, ces pratiques doivent être accompagnées de l’élaboration de théories explicatives.
Bien qu’elle puisse être considérée comme trop restrictive par certains, cette définition est dans la ligne de l’épistémologie classique (dans la lignée de Bachelard, Popper et Piaget pour qui la recherche de l’objectivité passe par la déduction et l’expérimentation). Notre collègue Dominique Lambert précise comment la réalité est appréhendée par les sciences via une reconstruction théorique : « Il est difficile de nier que les sciences atteignent la réalité et nous en livrent une connaissance. Celle-ci n’est atteinte qu’au terme d’une sorte de reconstruction théorique (simulation […]) ou empirique (constitution d’images). Cette reconstruction est corrélative d’un regard, d’une méthode spécifique caractérisée par l’objectivation […] dans le cadre d’une hiérarchie de niveaux ». Le scientifique peut donc atteindre le réel, mais il doit avoir une attitude critique vis-à-vis des résultats expérimentaux ou observationnels en étant attentif à la présence d’éventuels artefacts.
On peut donc proposer une liste des sciences que nous avons à considérer : les sciences physiques -dont la chimie, l’astrophysique, l’astronomie -, les sciences biologiques, la géologie, la paléontologie et la cosmologie (avec leurs sous-disciplines ). Il faut ajouter à cette liste les mathématiques et les disciplines associées (par exemple l’algorithmique) bien que leur statut soit particulier – elles ne sont pas fondées sur des observations ou des expérimentations, mais elles permettent d’élaborer la plupart des théories nécessaires aux sciences physiques et naturelles.
Afin de mettre les pieds dans le plat, nous affirmons que les sciences humaines ne sont pas des sciences, car les méthodologies en oeuvre sont radicalement différentes de celles qui existent en physique, en biologie, en géologie ; les observations du comportement humain ne pouvant être pas strictement réplicables. Il existe bien sûr une frontière parfois tenue entre les sciences physiques et naturelles d’une part et les sciences humaines d’autre part, mais la distinction entre ces domaines est féconde car elle fait droit à la différence de méthodes de travail entre les deux domaines, sans interdire de fortes interactions.
Remarquons enfin que dans le monde politico-médiatique, on se gargarise du terme ‘scientifique’ pour parler de travaux universitaires (academic en anglais) et les gouvernants se complaisent dans la mise en place de ‘conseils scientifiques’ pour asseoir l’autorité de petits groupes d’universitaires choisis par eux. Ce dévoiement de vocabulaire risque bien « d’ajouter au malheur du monde ».

La prise en compte des incertitudes.

a) Tout au long du XIXe siècle, les théories physiques sont systématiquement associées à des principes et des lois écrits grâce à des relations mathématiques (outre les règles empiriques découlant d’observations répétées, on peut distinguer les lois fondamentales dites universelles et d’autres venant comme conséquences des précédentes s’appliquant à un domaine spécifique). Ces lois pouvaient être affinées à mesure que les résultats expérimentaux devenaient plus précis, mais elles s’exprimaient en termes déterministes ne prenant pas en compte le hasard.
A partir du début du XXe siècle, les principes universellement admis jusqu’alors sont souvent remplacés par des principes plus généraux dont les anciens ne sont que des cas particuliers. Par ailleurs, l’émergence de la mécanique quantique a introduit le principe de la dualité de représentations d’un unique phénomène et elle a montré que la position et la vitesse d’une particule élémentaire isolée était toujours des variables aléatoires.
C’est devenu un fait acquis : dans beaucoup de domaines physiques, il convient de revisiter le concept de loi de la nature en s’appuyant sur la notion de probabilité – notamment au niveau de l’échelle microscopique. Dans toutes les disciplines scientifiques, il est indispensable de tenir compte du hasard. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de lois de la nature : celles-ci doivent désormais être exprimées en tenant compte d’un caractère aléatoire. En physique et en chimie, outre l’incertitude sur les conditions initiales d’une expérimentation, l’introduction de l’aléatoire est indispensable pour modéliser un grand nombre de phénomènes (turbulence, cinématique du choc entre deux particules, trajectoire d’un photon isolé, interactions moléculaires, etc). Dans tous les domaines de la biologie animale ou végétale, le hasard est présent dès qu’il y a génération, mutation, croissance, déplacement, interaction avec l’environnement ou simple dégénérescence. Le plus souvent, une loi physique ne peut pas être énoncée correctement sans avoir recours à un arsenal mathématique élaboré (qui inclut l’utilisation de lois de mesures de probabilités, de distributions statistiques, etc.). De même en biologie, il convient d’utiliser les notions de base en probabilité dès que l’on parle d’hérédité ou de génération.

b) Outre le caractère aléatoire inhérent aux lois de la nature, il faut prendre en compte une autre source d’incertitudes en sciences qui vient de la confrontation avec le réel expérimental. Dès que l’on fait une expérimentation, outre l’imprécision des mesures, il s’avère qu’il peut y avoir des artéfacts ou des phénomènes qui parasitent l’objet de l’étude. La présence de ces phénomènes parasites lors de la réalisation d’une expérience génère des incertitudes qui sont appelées épistémiques. De façon plus générale, ces incertitudes épistémiques concernent le manque de connaissances précises du phénomène étudié par une expérience ; ou encore l’incertitude sur le modèle physique devant être choisi dans les simulations numériques utilisées pour l’interprétation du résultat des mesures.

La question de la confiance.

L’existence de toutes les incertitudes évoquées ci-dessus montre que les résultats d’observations doivent être interprétés sans précipitation et avec esprit critique. L’exercice de cet esprit critique par les scientifiques est un des éléments qui suscite la confiance du public vis-à-vis du discours scientifique. Par ailleurs, tout en restant modeste dans les conclusions des études scientifiques, la publication des dites études permettent des échanges entre spécialistes, lesquelles peuvent conduire à un consensus solide. Avec le temps, ce consensus – s’il n’est pas infirmé par de nouvelles expériences – s’imposera à tous les hommes de sciences. Et nous pourrons avoir confiance dans les éléments de ce consensus.
Comme nous l’avons dit, les méthodes de travail varient selon les domaines scientifiques, mais dans chacun de ces domaines, la confiance en la parole du scientifique sera une conséquence de la prise en compte par ce dernier des incertitudes de tous ordres voilant la réalité, une conséquence donc de l’humilité avec laquelle il présentera ses conclusions. Il convient en particulier d’être conscient du hiatus qui peut exister entre la réalité et l’interprétation faite dans le cadre d’une discipline particulière, car la compréhension d’un fait réel – aussi simple soit-il – est nécessairement pluridisciplinaire.
Pour conclure, on voit que l’humilité et l’honnêteté sont indispensables à toute activité scientifique (il est à noter que ce sont aussi des vertus chrétiennes !) ; et l’exercice de ces vertus est au fondement de la confiance accordée à la parole des scientifiques.
De plus, pour un scientifique, garder une attitude prudente dans des domaines hors de sa spécialité est très souhaitable s’il veut susciter la confiance.
Enfin, vouloir comprendre la société uniquement grâce à des explications scientifiques peut entrainer de graves dérives ; c’est ce que rappelle le grand philosophe du droit Alain Supiot : « C’est à l’extérieur de la société humaine que doit être découverte la norme qui la fonde et qui nous assure d’y avoir une place … Refuser de le comprendre, identifier la raison à l’explication scientifique et le droit à la régulation biologique ne peut qu’ouvrir toutes grandes le voies de la folie ».

Intelligence artificielle et responsabilité humaine. Le 16 janvier 2021

Colloque en visio-conférence le samedi 16 janvier, de 9 h 30 à 12 h 15
Sous le patronage de Claire Mathieu, de l’Académie des Sciences,
Algorithmes et confiance.

Il est souvent dit qu’en intelligence artificielle, il y a des décisions prises par les algorithmes. Dans quelle mesure peut-on avoir confiance dans les algorithmes fournissant de telles réponses ? Et lorsqu’un outil intelligent ou un robot prend une décision inadéquate, qui est responsable : son opérateur, son concepteur, ceux qui ont fourni les données ? Qu’en est-il quand la santé d’un individu est en jeu, ou sa liberté ? Comment améliorer l’acceptabilité des « prises de décision » des robots ?

Programme.
Présentation, par Rémi Sentis, directeur de recherche émérite, président de l’ASC.

Etienne de Rocquigny, professeur HdR en mathématiques, président d’OpérationData, fondateur de ‘Espérance & Algorithmes’.
Algorithmes d’aide à la décision, vers une utilisation lucide et équilibrée.
P. Eric Charmetant, s.j., philosophe, Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris.
Promesses et limites des machines morales.
David Gruson, docteur en droit, directeur Programme Santé de la société Jouve, enseignant à Sciences Po Paris, fondateur d’Ethik-IA.
Garantie humaine pour l’IA en santé, comment permettre une régulation positive des enjeux éthiques?
Dr Anne-Laure Boch, neurochirurgien, CHU Pitié-Salpétriere, Paris
Intelligence artificielle, bêtise naturelle
Table ronde finale

Participez avec l’outil Zoom, en cliquant sur le lien (ou en le copiant dans votre barre d’accès à internet)

https://us02web.zoom.us/j/89231871276?pwd=NDZXUjR6eit3d2w4bnk3MUJzVmdVdz09

Sur la gestion de la pandémie par notre système sanitaire. Les réflexions d’un de nos adhérents

Un de nos adhérents, Jacques Poirier, diplômé de l’Institut Pasteur (microbiologie / Immuno-pathologie), nous fait part de ses réflexions sur la pandémie.

Y a-t-il eu des défaillances dans la gestion de la pandémie par notre système sanitaire ?

Quels sont ou devraient être les rôles, devoirs et responsabilités des acteurs de la santé publique ?

Voir son texte (8 1/2 pages) à télécharger ICI

 Par ailleurs, voici quelques statistiques hebdomadaires.

Nombre de morts dus à la Covid° :
début avril = 4800 environ / 1ere semaine de juin =340 / 3 premières semaines août = 65 environ / semaine 19 au 25 août = 93 / semaine 26 au 1 septembre = 117 / semaine du 2 au 8 septembre = 123 /  semaine du 9 au 15 septembre = 235 / semaine du 16 au 22 septembre = 417 / semaine du 23 au 29 septembre = 459 / semaine du 30 au 6 octobre = 425 (à confirmer) /

Nombre de morts par suicide+homicide (moyenne 2019) = 195
Nombre de morts par accident de la route (moyenne 2019) = 63
Nombre de morts dus à la grippe (moyenne 4 mois d’hiver 2017-2018)° = 760
Nombre de morts dus à la grippe (moyenne 4 mois d’hiver 2018-2019)° = 425

Collationnées par R. S. Vues les grandes fluctuations journalières en ce qui concerne la Covid, les données hebdomadaires sont préférables. ° Données provenant de SantéPubliqueFrance et de Wikipédia.

Alexandra Henrion-Caude : origine de la pandémie, mesures sanitaires, folie collective

La généticienne Alexandra Henrion-Caude, généticienne, ancienne directrice de recherche à l’Inserm, lauréat 2013 Eisenhower Fellow, nous parle de l’origine de l’épidémie, des mesures sanitaires et de la folie collective qui nous mène dans le mur. voir la vidéo avec le lien ICI.

(vidéo 49 mn)

« Abasourdie par le fait que notre élite intellectuelle mondiale ait osé si peu parler, j’ai compris que des collègues d’une qualité exceptionnelle étaient muselés par le fait qu’ils avaient des conflits d’intérêt avec des laboratoires pharmaceutiques ».
“c’est une aberration que de développer dans une urgence absolue un vaccin contre un virus en moins de 6 mois »

Colloque 2019. La mort : Sciences et techniques à l’heure du grand passage

samedi 30 mars 2019 colloque au Collège des Bernardins.
de 9 h 30 à 12 h 45 et de 14 h à 16 h 30.

La mort, événement auquel nous serons tous confrontés, nous interroge toujours. Suite aux progrès techniques, sa définition fait l’objet de nombreuses discussions et les enjeux en sont importants. Comment traiter la personne dans un coma profond ? Quelles conséquences pour le prélèvement d’organes ? Qu’en est-il des expériences aux frontières de la mort ? Comment vivre ce passage vers l’Au-delà ?

Pr. Louis Puybasset, chef de service, Département anesthésie-réanimation, Pitié-Salpétrière, Paris
Le coma, enjeux éthiques.

Martin Dumont, enseignant, docteur en philosophie (Université Paris-Sciences-Lettres)
Mort encéphalique, mort avérée, mort légitime ?

Suzanne Rameix, ancien membre du CO de l’Agence de Bio-médecine, ancien maître de conf. Univ. Paris-Est, Ethique médicale.
La mort et le prélèvement d’organes.

Charlotte Martial, Neuro-psychologue, Coma Science Group & GIGA Consciousness, CHU de Liège.
Expériences de mort imminente : que nous apprennent les neurosciences ?

Don Bertrand Lesoing, Docteur en théologie, chapelain du sanctuaire Notre-Dame de Montligeon,
L’heure de la mort

 

liste de grands scientifiques chrétiens

Le grand public ignore souvent que les sciences modernes se sont développées au sein de la civilisation chrétienne ; c’est pourquoi nous donnons ici deux listes de grands scientifiques chrétiens.

Un document de 30 pages (écrit en novembre 2017) à télécharger en cliquant ICI .

Un second document de 144 pages (écrit en 2020) que nous communique un de nos sympathisants : à télécharger ICI