La fascination pour l’IA. Conférence 30 janvier à 18 h 15 à l’Espace Bernanos

Notre association organise une conférence à deux voix à l’Espace Bernanos le vendredi 30 janvier 2026 à 18 h 15, sur le thème

La fascination pour l’IA : libération ou asservissement

avec
Mathieu GUILLERMIN, philosophe, physicien, enseignant-chercheur Univ. Catholique de Lyon
Entre liberté et responsabilité : la spécificité de l’intelligence humaine par rapport à l’IA.
Thomas SOUVERAIN, philosophe, post-doctorant au C.E.A.
L’IA, le maître et l’apprenant : maintenir les distinctions.

Lieu : 4 rue de Havre, Paris (9°). Entrée libre

Mardi 20 mai à 18 h 15 : ‘La guerre des intelligences n’aura pas lieu’

Une conférence-débat a organisée à l’espace Bernanos sur le thème :
La guerre des intelligences n’aura pas lieu !
Réponse aux transhumanistes

faite par Rémi SENTIS
Directeur de recherche émérite en mathématiques appliquées, auteur avec J-F Lambert du livre correspondant au thème précité.

Télécharger ICI le résumé en 4 pages de la conférence.

L’IA va-t-elle surpasser l’intelligence humaine ? Peut-elle être totalement autonome? Etre consciente ? Quelles sont les controverses éthiques sous-jacentes aux débats sur l’IA ? Voici quelques unes des questions qui seront abordées.

Pour une école d’élévation : créateurs et non pas créatures.

Conférence faite le 14-03-23 lors du colloque organisé par l’ASC au Collège des Bernardins sur le thème L’École et la transmission face au défi du tout-numérique.

par Alain BENTOLILA°

Demain, comme tous les jours, chaque enseignant poussera la porte de sa classe pour y retrouver une vingtaine « d’enfants des autres » qui, pour certains, ne savent pas vraiment pourquoi ils sont là et qui, pour d’autres préfèreraient être ailleurs.  Chacun laissera sur le seuil les doutes qui le taraudent, ses espoirs souvent déçus et chaque matin il renouvellera cependant le ‘serment de l’instituteur’ : « Vous ne sortirez pas de ma classe dans le même état intellectuel qui était le vôtre quand vous y êtes entrez. Vous aurez appris des choses que vous ne saviez pas, vous aurez compris des choses que vous ne faisiez que contempler, vous agirez avec plus de discernement et plus de respect »

Demain, donc, « il y aura école » et c’est heureux ! Mais quelle école ? Nécessairement une école différente, menacée par les réseaux sociaux, bousculée par la puissance d’internet et pervertie par la violence. Plus que jamais, cette école, doit s’employer à faire de ses élèves des citoyens capables de résister aux manipulations et aux mensonges.

Pour relever ce défi, elle devra tirer le meilleur de deux mondes : le monde où le numérique impose sa fulgurance, face à celui où l’écriture porte plus précisément la pensée ; le monde où l’image décrète l’évidence, face à celui ou la lecture exige une construction patiente du sens ;   le monde enfin où il suffit de « montrer », face à celui où l’on doit « démontrer » avec rigueur et exigence.

Seule l’alliance entre enseignants et parents permettra de construire cette « école de l’équilibre » ; chacun devra alors renoncer à certaines habitudes confortables, en finir avec certaines addictions et dépasser les petites lâchetés quotidiennes.

Laissez-moi, à présent, vous conter une histoire :

Un compartiment de TGV. En face de moi, une famille : père et mère accompagnés d’un adolescent d’une douzaine d’années environ. À mes côtés, une dame d’un certain âge avec un petit garçon de 4 ou 5 ans.

À peine assis, l’adolescent sort sa tablette et se plonge dans un jeu vidéo qui, si l’on se fie au vacarme qu’il produit, est tout sauf serein et pacifique. Cela semble ne pas inquiéter les parents. Le père sort son ordinateur et passe une bonne heure à répondre à ses mails, la mère est accrochée à son portable et regarde les messages laissés par ses « amis » sur sa page Facebook. Entre les membres de cette famille, pas un mot ne sera échangé durant nos deux heures de voyage. Pendant ce temps, la grand-mère parle à son petit-fils et commente le paysage qui défile. Non seulement elle lui parle, mais elle le regarde dans les yeux et, lui, lui rend son regard. « Tu vois, Bilal, c’est une éolienne », lui dit-elle. « É-o-li-enne, répète gravement l’enfant ; et à quoi ça sert ? » « Eh bien, lorsque le vent souffle, il fait tourner les 3 grandes pales et ce mouvement produit de l’électricité. » Et l’enfant répète le mot chaque fois qu’il en voit une. « Oui, ‘éolienne’ cela vient du nom du dieu du vent Éole, poursuit la grand-mère qui écrit les deux mots sur une feuille. Et là, regarde ! Ce sont des vaches dans ce pré. Et là, ce champ de fleurs jaunes, cela s’appelle du colza et on obtient de l’huile en écrasant ses graines… » Encore, et encore se prolongea cette transmission des mots et du savoir en éclatante opposition au silence et à l’enfermement de chacun des membres de la « famille connectée ».

L’omniprésence des écrans, l’addiction irrépressible aux photos et aux vidéos   imposent la dictature de l’évidence ponctuelle à la réflexion et à l’imagination de nos enfants, engendrant la méfiance pour toute conceptualisation et la suspicion envers la profondeur historique.

Aujourd’hui des milliers d’yeux regardent par le même trou de serrure et contemplent, avec la même délectation ou la même détestation une réalité iconique qu’ils n’ont ni les moyens intellectuels ni même l’idée de questionner.

L’image instantanée, prise « sur le vif » est immédiatement livrée pour être portée au plus haut des like par un buzz anonyme et complaisant.  Elle sert souvent aujourd’hui les desseins de dangereux manipulateurs. Ceux-ci utilisent la confiance spontanée dont bénéficie la photo, ou la vidéo (« vu donc vrai ! ») pour passer sans vergogne de la ponctualité à la généralisation, du constat à la vérité définitive, du conjoncturel au partout et au toujours, de l’accident à l’essence, du hasard au déterminé.

Cette forme de manipulation des esprits, parmi les plus vénéneuses, est souvent utilisée par des élèves harceleurs qui parviennent à voler l’image de certains de leurs « camarades » dans des situations qui les cloueront définitivement au « pilori numérique ». Elle a d’ailleurs de tous temps constitué un outil efficace utilisé par la propagande populiste : une vidéo montrant un nombre important de personnes noires à Barbès suffit pour annoncer le « grand remplacement » ; la photographie d’un homme coiffé d’une kippa sortant d’une banque atteste sans le moindre doute de l’outrageuse richesse des juifs…

Dans cet univers dominé par l’instantanéité de l’image, l’Histoire qui doit nous rassembler n’éclaire plus la réflexion des élèves pour qui la superficialité de l’évidence l’a emporté sur la profondeur de l’analyse : pour beaucoup, ils ont fait du passé table rase et du futur une croyance. Ils se méfient « des récits fondateurs » qui doivent nous relier ; ils n’ont que faire des informations transmises, de plume en plume, de génération en génération. Seul importe l’instantané visible et montrable qui refuse tout ancrage temporel, toute mise en contexte, toute comparaison fertile. La continuité historique, construite patiemment à distance, de trace en trace, d’exhumation en exhumation, est ainsi devenue suspecte. Suspecte de mensonge et suspecte de manipulation, elle cède à tout coup devant la « preuve iconique » la plus dépravée. J’ai encore en mémoire cette phrase terrible d’un élève de sixième assénée à son professeur à la fin d’un cours sur la Shoah : « Tu n’y étais pas et moi non plus, alors tu crois ce que tu veux et moi aussi ! ».

L’image, lorsqu’elle prétend imposer sa brutalité ponctuelle à la pensée, lorsqu‘elle efface l’échange et le dialogue, lorsqu’elle menace de supplanter le récit de notre histoire, nous fait courir un risque majeur. Celui de la soumission au credo. Elle porte en elle le danger d’une pensée à courte vue, une pensée impressionnée, privée des liens chronologiques et logiques que seuls le récit et l’argumentation peuvent offrir.

Je ne vous invite pas à la nostalgie, tout comme je ne vous propose pas de jeter au feu vos téléphone et tablettes ! Je souhaite simplement que l’attention et l’exigence que vous porterez à vos enfants et à vos élèves, votre volonté de leur transmettre des choses belles et intéressantes, l’écoute que vous leur offrirez et le regard, enfin, dont vous les gratifierez affirmeront qu’ils comptent pour vous, qu’ils ne sont pas une charge à assumer mais un espoir de continuité : celui de les rendre capables de bâtir un monde meilleur que celui que vous leur aurez laisser ! 

Car à quoi bon se battre pour léguer à ceux qui arrivent une planète « vivable » si leurs esprits, privés de mémoire collective, de langage maîtrisé et du désir de comprendre, sont condamnés à errer dans le silence glacial d’un désert culturel et spirituel ? Soumis au premier mot d’ordre, éblouis par le premier chatoiement, trompés par le moindre mirage. 

° A. B., linguiste, professeur des Universités émérite, auteur de nombreux essais

Tribune libre. L’EVARS, le prétexte des connaissances scientifiques et les conflits d’intérêt.

Cette tribune n’engage que son auteur.

Le programme officiel pour l’EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) a été publié le 8 février 2025 et devrait être obligatoire dans le public et le privé sous contrat dès septembre. Beaucoup a déjà été dit sur les penchants idéologiques de ce programme, mais nous désirons ici pointer quelques supercheries dans cette affaire.
Tout d’abord, il y a le fait de mentionner des connaissances scientifiques ainsi que le site officiel du Ministère le fait dans un document (datant de 2023) sur l’Éducation à la sexualité : il y est dit que celle-ci « est étayée par des connaissances scientifiques, fondées sur un savoir qui se construit à partir d’explications justifiées auquel on ne peut opposer des croyances religieuses ».
En fait, à part les connaissances biologiques classiques (différence sexuelle, reproduction, etc. relevant du programme biologie en lycée et non de l’EVARS), on remarque surtout des positions promues par l’OMS. Le programme mentionne ainsi les « choix responsables » que sont « les moyens de contraception, l’IVG » (en 4°), il oppose l’identité sexuelle et l’identité de genre (notion absconse introduite dans le droit français par les socialistes en 2016). De plus, on relève les termes de stéréotypes de genre (dès le CE1), homophobie, transphobie, familles hétéroparentales (dès le CP), etc., notions qui ne relèvent aucunement de sciences, mais sont issues de « gender studies » imposées au monde éducatif par la sociologie universitaire.
Loin des « explications justifiées », ce programme est fondé sur des a priori idéologiques : la lutte contre les discriminations remplaçant la morale ; la nécessité du plaisir qui contribue au bien-être ; la focalisation sur un supposé consentement exprimé par l’enfant (alors la notion de consentement n’est pas compréhensible par les jeunes enfants).
Autre supercherie, le fait de parler de prévention de la pornographie. En effet, l’EVARS favorise une sexualisation précoce des enfants et ne leur délivre que des discours ambigus sur le visionnage de scènes pornographiques, discours évacuant la notion de mal et ne faisant qu’éveiller une certaine curiosité. D’ailleurs, nos gouvernants pratiquent le double langage sur ce sujet : ils disent vouloir empêcher l’accès des plateformes concernées aux mineurs, mais n’osent pas imposer des mesures coercitives (les outils prévus par la loi de mai 2024 destinés à empêcher cet accès – avec la publication d’un référentiel déterminant les exigences techniques de vérification d’âge – ne sont toujours pas opérationnels et ils s’apparentent à une usine à gaz).
L’insistance sur la prévention – concernant ce sujet ou celui des relations sexuelles précoces – est en fait un prétexte pour justifier l’introduction dans les établissements scolaires d’associations militantes, telles que Sidaction ou le Planning Familial qui ont poussé à la publication de ce programme. N’y a-t-il pas une escroquerie derrière cela ? Car ces associations ont bien l’arrière-pensée de signer des partenariats financiers pérennes avec le Ministère sur ce sujet de l’EVARS. Dans la commission qui a rédigé ce programme, les conflits d’intérêt sont évidents !
Enfin, ce programme est un outil supplémentaire pour déstabiliser les établissements sous contrat d’association ; cela est d’ailleurs assumé dans le document de 2023, cité plus haut. Les enseignants seraient contraints de suivre des recommandations contraires aux principes éthiques qui relèvent du « caractère propre » de leur établissement. Mais n’était-ce pas le but qu’avait Pap Ndiaye en lançant ce chantier ?
S’il devait exister une éducation affective et sexuelle à l’école ou au collège, elle devrait être supervisée par les parents d’élèves, ce qui assurerait une indépendance vis-à-vis de l’idéologie dominante.

Rémi Sentis

Colloque 17 janvier à 16 h 30. Méditation, prière, neurosciences

 

Nous avons organisé un colloque le 17 janvier 2025 dans l’auditorium de l’Espace Bernanos qui était quasiment plein pour l’occasion !

Méditation, prière et neurosciences

Les différentes méthodes de méditation ont en commun une attention à l’instant présent : ne pas refouler les pensées qui nous assaillent, ni nous laisser envahir par elles. Par ailleurs, certaines postures relevant de la physiologie – la respiration par exemple – peuvent favoriser méditation et prière. Quels sont les points communs et les différences entre la prière chrétienne et la méditation ?  Quelle peut être la place de la méditation en psychothérapie ? De quelle façon la prière ou la méditation modifient-elles le fonctionnement cérébral ? 

Jeanne Siaud-Facchin, psychothérapeute, fondatrice du réseau Psychologie-Cogito’Z,
Méditer, vous avez dit méditer ? L’apport des pratiques de pleine conscience.
François-Benoit Vialatte, psychologue, chercheur en psychopathologie cognitive,
Processus cognitifs liés à la méditation et à la prière : points communs et spécificités.
Dr Claire Damy, psychiatre, animatrice de sessions de méditation de pleine conscience et de retraites de méditation chrétienne,
Méditation et retraites, leurs places en psychothérapie.

Mgr Pascal Ide, docteur en théologie, philosophie et médecine,
Méditation de pleine conscience. Accueillir et discerner.
Sr Marie de la Visitation, religieuse de la communauté des Béatitudes.
Quand le corps aide à prier – Être ici et maintenant.

Pour s’inscrire à la liste de diffusion de l’Association afin d’être au courant de la publication des Actes du colloque (et des activités de l’association), il suffit d’envoyer un mail à l’adresse : scien.ch@gmail.com (en indiquant son nom et prénom).